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De l’importance de l’engagement immédiat

21 mars 2011 5 662 views 8 Comments

Certains d’entre vous ont-ils déjà joué de l’argent à un jeu de hasard, ne serait-ce que quelques euros lors d’une partie de poker ? Si c’est le cas, vous aurez probablement remarqué qu’après avoir misé quelques jetons, votre inconscient tend à refréner vos envies de sortir d’une manche. Pire encore, plus vous misez, plus vous êtes enclin à suivre des relances énormes sans sourciller tout en sachant pertinemment que le risque que vous prenez est démesuré. Nous mettons ici le doigt sur un trait particulièrement fort de l’être humain : son besoin d’être cohérent avec un engagement.

engagement

Ce trait est utilisé par de nombreux manipulateurs, vendeurs et autres psychologues sociaux pour faire accepter de manière inconsciente des choses qui de prime abord nous auraient semblées absolument inacceptables. L’idée est intéressante, mais l’objectif de cet article n’est pas de vous apprendre à manipuler votre entourage, pas de chance pour les mentalistes en herbes qui voulaient très vite ressembler à leur idole de TF1. Non, j’aimerais aujourd’hui vous expliquer comment j’utilise ce principe pour me forcer à agir lorsque mon inconscient m’oppose une quantité phénoménale de barrières.

Une force pour lutter contre les incertitudes et les peurs

Pendant des années j’ai rêvé de sauter en parachute sans ne jamais franchir le pas. Malgré l’accès facilité à ce genre d’expériences, il ne suffit pas de se lever un matin et de dire « je veux le faire » pour se retrouver dans le vide à 4000 mètres d’altitude. Il faut réserver un saut, puis programmer une date, il faut y aller, attendre son tour, s’équiper, et enfin oser sauter. Beaucoup d’entre vous rêvent probablement d’essayer un jour mais ne le feront jamais simplement parce que ce processus n’est pas immédiat et laisse trop de place à leurs réflexions. L’application du principe d’engagement est ici relativement simple : Un jour ou l’envie de sauter se faisait sentir, j’ai décidé de payer le saut à l’avance sans réfléchir. J’étais alors engagé financièrement comme on peut l’être en misant quelques jetons au poker. Au delà de la somme d’argent, j’avais fait un pas et je n’ai jamais plus reculé.

Pour mon premier voyage seul loin de l’Europe, j’ai aussi du contrebalancer l’appréhension monstrueuse que représente l’inconnu en faisant appel au principe d’engagement. J’avais envisagé payer un billet sans réfléchir, mais mettre plus de 1000 euros sur la table sans réfléchir s’avère finalement compliqué. On regarde le montant, on se dit pendant une seconde ou deux « est-ce que tu es sur de ce que tu fais ? », et de manière assez logique, la réponse à cette question est non. Il me fallait donc un engagement primaire moins important qui m’amène à acheter ce billet. J’ai simplement choisi de dire à quelques personnes que je partais et que j’allais acheter le billet dés le lendemain. Quelques mots, c n’est finalement rien, mais je me souviens encore du lendemain ou arrivé devant le guichet Air France, je me suis dit en regardant le montant du billet « si tu ne l’achètes pas, comment vas-tu leur expliquer ? ». Le billet était acheté, le voyage lancé.

Le principe d’engagement tue l’intellectualisation, il agît comme une masse qui vient balancer le poids de vos incertitudes et de vos peurs. Votre cœur peut battre la chamade, votre inconscient peut vous faire passer par tous les états de doute possibles, vous préférerez rester sur votre ligne directrice plutôt que d’entrer en incohérence avec les engagements que vous avez pris.

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8 Commentaires »

  • Leo said:

    très bon article, comme d’habitude, je n’ai rien à débattre là dessus.
    Juste d’accord encore une fois, sur le fait que trop réfléchir peut souvent nous faire passer à côté de l’extraordinaire !

    Leo :)

  • Julien (author) said:

    Léo qui commente! C’est une première je crois! Ca me fait bien plaisir, continue comme ça ;)

  • guillaume said:

    Chaque voyage, chaque entreprise commence par le 1er pas et c’est le plus difficile.
    Le tout est de commencer, puis un autre pas….

    Pour monter un escalier, il n’est pas nécessaire de voir la dernière marche…

  • Catia95 said:

    C’est vrai que l’engagement public peut être un allié précieux pour se faire un peu violence et aller au bout de nos projets.On n’auar plus de mal à faire machine arriére si on parl de nos objectifs à notre entourage,ca donne le petit coup de pouce qui manque souvent pour enfin agir concrétement.

  • Mon Développement said:

    Trop de gens ont la « maladie » ont la maladie de rêver et de ne rien faire pour atteindre leur rêve.
    De fait, il faut s’engager, tenter et parfois échouer. Mais qui ne tente rien n’a rien ! Et seul gagne celui qui se lancer, à des rêves et y croit suffisamment pour essayer de l’atteindre.

  • Emy said:

    Coucou mon Ju (et re-joyeux anniv, que tu fêtes, je l’espère, comme il se doit en ce moment même ^^)

    Je lis avec beaucoup de plaisir tes articles. Et une thématique sur laquelle je m’interroge depuis quelques temps est celle de l’impulsivité, des décisions prises sur un coup de tête qui en découlent. Alors que je vois la photo de la table de jeu et que ça m’évoque l’expression « coup de poker », je me lance pour te dire :

    Tu parles régulièrement de la prise de risque, de la zone de confort, du fait de sauter le pas… et de la manière dont les gens se limitent eux-mêmes, se trouvent des prétextes pour ne pas agir.

    Est-ce que parfois se savoir impulsif (et ayant parfois acquis de bons résultats par des décisions telles) peut conduire à son inverse apparent, la procrastination ?….
    Dans le sens où, se sachant capable de tout plaquer du jour au lendemain, et de détruire radicalement les conditions existantes, on se « freinerait » en quelque sorte ? Quand est-il mieux, en fait, de ne rien faire ?

  • Calou said:

    Parfois, ce n’est pas l’appréhension mais la flême qui plombe l’engagement. C’est pire! et si on est atteint des deux maux… ouch.

    Ok je me lance un défi perso, sur la prochaine hésitation (moi, hésiter??? intellectualiser?? jamais! ;) ) que je rencontre et je te raconterai!

    (j’ai peur…)

  • Michel said:

    L’engagement immédiat… je suis en train de lire « Voyage au bout de la nuit » de L F Céline, ce formidable écrivain proscrit des manifestation de commémoration de notre belle république néo-libéraliste et entreprenariale, on différencie l’artiste de l’œuvre parait-il, mais pas toujours ! Pour en revenir au « Voyage au bout de la nuit » je suppose que les engagés immédiat comme Céline mais qui eux sont les morts de 14-18 auraient dû y réfléchir à deux fois avant leur engagement immédiat… « Engagez-vous qui disaient » !

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