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7 phrases qui rendent les Parisiens détestables

25 mars 2011 19 032 views 12 Comments

Paris, je ne me lasserais probablement jamais de la beauté de la ville ou je suis né, ses berges de seine, ses quartiers populaires. J’aime tellement cette ville que je suis parfois déçu d’entendre tout le mal que l’on peut dire d’elle sous prétexte que nous autres parisiens serions des êtres détestables. Mais à force de l’entendre, je me pose la question, sommes-nous réellement détestables ?

L’esprit humain est fait ainsi, lorsque vous commencez à vous focaliser sur une question, des tas d’éléments que vous n’auriez pas remarqués auparavant deviennent limpides à vos yeux. Et force est d’avouer que sous certains cotés, nous (les Parisiens) pourrions réellement nous améliorer. Plutôt que de tenter d’inculquer des principes philosophiques que les habitants de la capitale connaissent déjà tous (quoi, vous ne saviez-pas que nous les Parisiens, nous savons tout de n’importe quel sujet ?), j’ai choisi de lister 7 phrases typiques que nous devrions tous bannir de notre langage pour améliorer notre image auprès du reste du monde et qui sait, peut-être nous sentir plus heureux et épanouis.

Parisiens

  1. « Non vraiment, j’ai pas le temps. » Pas le temps de sortir, pas le temps de rire et de partager, surtout pas le temps de me faire plaisir. Il est comme ça le Parisien, il est bien trop mature et responsable pour prendre le temps de faire quelque chose qui risquerait de donner l’impression qu’il s’amuse (sauf si il est fortement alcoolisé). Pourquoi le ferait-il après tout, il n’est plus un enfant et la vie ce n’est pas une partie de plaisir, il faudrait être idiot pour ne pas le comprendre. Pourtant, si on y réfléchit bien, nous autres parisiens ne sommes pas si overbookés que ça, nous passons autant de temps que les autres devant la télévision, nous procrastinons des heures devant facebook, youtube et autres twitter, et nous ne pouvons même pas nous vanter d’être beaucoup plus productifs que ne le sont tous ceux qui vivent loin de la capitale. Alors pourquoi ne jamais avoir le temps de rien. Par habitude, parce qu’on c’est cool de paraître overbooké. Tellement cool que nous préférons parfois faire croire que notre emploi du temps est surchargé plutôt que de vivre véritablement. Mais à qui mentons nous le plus en jouant en permanence sur ce manque de temps ? A nous-mêmes probablement.
  2. « T’imagine pas le stress, je suis trop charrette. » Parce que de toute évidence, à force de dire qu’on est overbooké pour justifier une incessante procrastination et une overdose non dissimulée de « clope / café », on n’avance pas vraiment dans notre travail. Jusqu’au jour ou nos responsabilités nous rattrapent et que l’on croule sous le flot de choses que l’on aurait du faire quelques semaines plus tôt. En y réfléchissant en profondeur, je commence à connaître un nombre important de métiers différents, et je n’en connais que très peu qui puissent justifier le stress quotidien qui fait bouillir la plus belle ville du monde. Peut-être que nous aimons vivre sous pression, peut-être que cet afflux de choses à faire nous aide à nous sentir vivre, peut-être que le stress est le seul moyen que nous ayons trouvé à ce jour pour nous sentir vibrer. Quoi qu’il en soit, si nous sommes toujours trop charrette, ce n’est la faute de personne d’autre que nous même. Est-ce que nous souffrons d’une tendance masochiste aigue ? Qui sait…
  3. « On s’prend un café / une clope ? » Aucun Parisien n’a pu passer à coté de ce cocktail, savant mélange de caféine et de stress saupoudré d’un zeste de goudron est plus prisé que le mojito. Il tue nos journées, nous fait perdre des heures d’efficacité et joue d’une influence extraordinairement néfaste sur notre organisme. Il est à ce titre intéressant de remarquer comme on fait croire à celui qui ne boit pas de café et ne fume pas qu’il risque de se couper de lui-même de toute possibilité de liaison sociale avec ses collègues de travail. Mais pourquoi un tel engouement pour l’empoisonnement volontaire? Les Parisiens vous expliqueront qu’il s’agit d’un moment de détente apprécié dans leur dure journée pleine de « j’ai pas le temps » et de « je suis charrette », qu’ils sont stressés et fatigués et qu’il ne pourront pas se passer de leur café / cigarette aujourd’hui. Ils vous expliqueront aussi en grelotant, par une journée de décembre ou ils sont descendus fumer en tee-shirt par -5°C, que vous avez beaucoup de chance de ne pas fumer. Ils ajouteront avec dépit qu’ils ne peuvent pas arrêter parce que leur situation est terriblement difficile. J’ai parfois envi de verser une larme dans ces moments la. Oui, vous avez raison, ils s’écoutent un peu parler parfois les Parisiens.
  4. « Avancez dans le fond ! » Dit sur un ton mixant la colère, la mauvaise humeur et la peur d’arriver en retard, cette phrase mythique retentit assez souvent dans les couloirs des métros parisiens aux heures de pointe. Bien entendu, il n’y a jamais de places pour avancer dans le fond, mais peu importe. Le fait de crier « avancez dans le fond » ne sert qu’à justifier notre panique et notre volonté profonde de nous insérer dans un train déjà en surcharge. Il faut dire que les Parisiens aiment le contact, la chaleur humaine et l’odeur de la transpiration. Non sérieusement, nous autres Parisiens avons un travail tellement important que deux minutes de retard risquent de nous rendre responsables de la fin du monde. Tellement important qu’il justifie de bloquer un métro à quai et de compresser l’ensemble des passagers quitte à risquer quelques malaises et évanouissements de temps à autres. J’aimerais que nous y réfléchissions tous à deux fois la prochaine fois que notre stress nous criera de forcer le passage dans un métro déjà plein. Au moins une fois dans notre vie, attendons le suivant et tachons de nous rendre compte que cela ne change rien au reste de notre journée.
  5. 5. « Deux ans que j’avais pas pris des vacances, je vais enfin pouvoir me reposer. » Pauvres de nous, nous travaillons tellement dur que nous prenons très peu de vacances. J’espère que vous avez envi de nous plaindre. Remarque, ce n’est que la rançon de notre succès et de notre importance démesurée. Heureusement, au moment de partir, nos visages s’illuminent d’un immense sourire qui trahis notre joie de quitter enfin cette vie que nous détestons par-dessus tout (mais qui nous rend si cools).  Nous avons enfin le droit de rêver aux destinations les plus folles (Biarritz, Courchevel, Cannes, Ibiza, la République Dominicaine, et j’en passe) et à ces moments durant lesquels nous pourrons enfin profiter du notre temps libre pour… dormir. Bien entendu, nous aimerions faire des choses folles, partir à l’aventure, sortir des sentiers battus, mais nous sommes bien trop crevés pour ça.
  6. « Alors ces vacances ? Dur le retour, je suis crevé et en plus j’ai du bosser la moitié du temps » Ce n’est pas parce que nous partons en vacances pour nous reposer que nous ne revenons pas crevés. Il faut dire que chaque Parisien à souffert du même syndrome : son Blackberry n’a pas arrêté de sonner et il a reçu pleins de mails du boulot auquel il n’a pas pu s’empêcher de répondre tant ce qu’il fait a de l’importance. Mais il en est fier, ça prouve que même en vacances on a trop besoin de lui. Accessoirement, ça prouve qu’il est incapable de décrocher une semaine et de relativiser l’importance de ce qu’il fait. Au final, il aura une bonne excuse pour expliciter le fait qu’il rêve de repartir en vacances tout en sachant très bien qu’il n’en reprendra pas avant longtemps pour les raisons précédemment évoquées.
  7. « …………………………………. » Cette non-phrase est couramment utilisée par les vendeurs des magasins de mode parisiens et par une multitude de garçons de cafés. N’allez pas croire que notre ville applique à la lettre la législation sur le handicap en n’embauchant que des muets, il s’agit simplement d’un moyen de vous ignorer parce que vous faîtes terriblement chier à poser des questions ou à demander une carafe d’eau. Le summum du « … » reste le magasin de haute couture dans lequel le vendeur ajoutera à son éloquence un regard de dédain rappelant qu’il vous est bien supérieur et que vous n’avez rien à faire dans sa boutique. Pour ceux que ça ne choque pas, pensez à faire un tour de l’autre coté de l’Atlantique

Bien sur ce portrait est une caricature. Bien sur il ne s’applique finalement pas qu’aux parisiens. J’ai choisi Paris parce que je connais ce lieu comme aucun autre sur terre. J’ai choisi Paris parce que de nombreuses études démontrent qu’on y trouve une concentration affolante de personnes souffrant de stress, de fatigue, d’insomnies, de troubles physiques et de difficultés à concilier travail et vie personnelle.  Peut-être que l’intérêt de cet article n’est pas tant de vous faire prendre conscience des défauts des parisiens, mais de vous aider à réfléchir sur vous-même. Ces contradictions ce sont les nôtres. Le Parisien n’est que l’extrême exemple de la capacité qu’a l’être humain à s’enfoncer dans sa morosité et son pseudo-malheur plutôt que de chercher des solutions pour s’en sortir. Mais nous en sommes tous plus ou moins la. Relisez ce portrait, n’y a-t-il pas un peu de vous la dedans ? Vous êtes sur ?

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12 Commentaires »

  • ChrisToonet said:

    Ah les Parisiens !! J’en suis un, né sur place, et vivant jusque mes 16 ans dans le quartier Saint-Sulpice, mon jardin c’était le Luxembourg !!
    Mais on confond souvent le Parisien du Francilien ! Ce dernier doit affronter des transports de plus en plus difficiles, avec des durées longues et incertaines ! J’en ai fait l’expérience un temps, entre le 77 proche de Meaux et Neuilly-sur-Seine, soit 3 heures de voyage par jour !
    Mon grand regret ce sont les prix d’immobilier dans Paris qui m’en ont éloigné pour la retraite, en tous cas pour l’instant !
    Ah ! se mettre en terrasse , lire le Monde qui vient de sortir, et regarder passer les gens ! En province pas question ! le Monde n’arrive que le lendemain matin !!!

  • fabrice said:

    Je reconnais bien là ces expressions. Moi qui vient de Province, le fait que les parisiens sont speeds, c’est vraiment une réalité!
    Charrette, c’est une expression de Paris?

  • Romain Boileau said:

    Je suis bien d’accord avec toi étant moi même Parisien ou plutôt de proche banlieue, je remarque vraiment que le stress,
    l’empressement et l’individualisme sont des sentiments qu’on peut sentir émaner de nombreuses personnes et ce, principalement
    dans les transports en commun. Dans le but de faire un travail sur moi, j’ai essayé a une époque d’aborder des inconnus et
    les résultats était plutôt mitigés. J’avais le droit à des réactions très variées : des intéractions simples et sincère mais
    aussi des réactions telles que le sourir géné, la réponse brève, le « j’ai pas le temps ! » et parfois même pas réponse.
    J’ai lu une étude comme quoi les Parisiens étaient justement l’un des peuples les moins acceuillant du monde.
    C’est assez dommage car Paris est une très belle ville avec un très beau patrimoine culturel et on peut parfois y trouver
    dans certains cafés des gens vraiment agréables avec qui converser, ce sont souvent de jeunes étudiants rarement originaires de la capitale ou sinon des personnes atypiques et quelques peu marginales ayant eu une vie de bohème.

  • Jori said:

    Né et élevé au bon grain parisien : OK. Mais je ne me reconnais pas dans ta description. Je reconnais plutôt une catégorie socio-professionnelle, les « jeunes cadres » dynamiques dans le vent.

    Le parisien est sympa et serviable, à ne pas confondre avec le francilien stressé par 2h de transports dans le RER. Le moins accueillant? Sur quels critères? Quel institut de sondage à déterminé ça? Ensuite, à force de voir des millions de touristes qui déambulent le nez en l’air et qui font des conneries partout, c’est pas une raison pour s’énerver quand on est pressés d’arriver à l’heure au boulot?

    J’ai vécu assez loin de Paris pour, à mon retour, pouvoir faire le comparatif. Des garçons de café détestables? Non, pas trop vu. Il est vrai que j’ai mes habitudes, et je sais où aller, ou comment m’y prendre.

    La pause café/clope? Il y a des parisiens qui sont non-fumeurs, tu sais… Sinon le patrimoine de Paris, je m’en tape un peu, ou presque. C’est quand la dernière fois que je suis allé à la Tour Eiffel? J’avais 12 ans. En fait, le principal reproche que l’on pourrait faire à un parisien, c’est d’être un sale con de blasé, mais quelque part, c’est compréhensible. Quand t’es habitué au Louvre, à la Tour Eiffel, à l’Opéra, les autres villes te semblent fades. Mais mettez un parisien devant l’Océan, et là, c’est une autre affaire… ^^

    Après, pour finir, il n’y a pas un « parisien », mais des « parisiens ». Moi, enfant du 20eme arrondissement, je ne pense pas avoir grand chose en commun avec quelqu’un du 16ème…

  • Imho said:

    Il manque la phrase « Non mais nous à Paris… » qui sous-entendant que nous à Paris on a tout, on sait tout et que toi qui vient de la campagne francaise(le reste de la france) tu connais rien à la vie.

  • Romain (Décodeur) said:

    A Paris depuis presqu’un an, ces phrases sonnent tellement vraies ! Très bonne synthèse du quotidien parisien.

    Même si on rira peut être, je n’ai appris que récemment l’origine de « Je suis trop charrette ». Il apparait que c’est le monde de l’architecture et de ses livreurs de plans déambulant dans les rues parisiennes qui en est l’origine… Toujours à la bourre pour livrer le projet.

  • situveux said:

    tout ça pour ça :p en effet vous avez énormément de temps à perdre vous :p dommage que vous soyez pas capable de sortir plusieurs arguments en faite c’est toujours le même sur tous les points quasi… en tout cas on sent que vous êtes grandement frustré… marrant j’ai jamais vu un parisien venir dire ce genre de connerie (insulté les provinciaux…) sur un blog… frustré tout ça…

  • Julien (author) said:

    @Si tu veux, j’ai peur de ne pas avoir compris le fond de votre commentaire. Je n’ai qu’un seul argument ? Quel est-il ? Cet article n’est pas construit dans une démarche d’argumentation pour prouver quoi que ce soit me semble t’il ? Si je suis frustré ? Frustré de quoi ? De vivre dans une aussi belle ville et d’entendre les gens se plaindre à longueur de journée qu’ils ont tout compris à la vie et que tout est pourri ? Oui c’est assez frustrant mais je m’en remet. Et… ou parle t’on d’insulter les provinciaux ?

    @ tous les autres, content que cela vous parle! Et merci à Romain pour la définition de « charette »… étonnant que ça ressorte aussi fortement ces derniers temps!

  • arno said:

    Merci pour cet article, je connais bien tout cela, je suis Parisien de naissance et j’y ai vécu 35 ans. Mais le prix de l’immobilier m’en a chassé. Et même si « la qualité de vie » est meilleure en province, je n’arrive pas à m’y faire… Paris (avec tous ses défauts) me manque !

  • lionel said:

    Bravo pour ce post qui me ravi de plaisir !
    Je suis également parisien depuis toujours et j’ADORE ma ville.
    C’est effectivement comme ça que ça se passe, mais paradoxalement toutes ces remarques ont un double sens.
    Il y a ceux qui sont speed bookés et pas contents parce qu’ils ne sont pas organisés et parce que Paris le nécessite tant les déplacements prennent plus de temps qu’ailleurs. Ils n’ont pas lu GTD ;) !
    Et puis il y a ceux qui sont speed et bookés parcequ’ils savent profiter de ce que la ville leur offre et font énormément de choses. Etre curieux et interessé par beaucoup de choses rend forcément booké et speed à paris tant les sollicitations sont nombreuses. Voir dans la même semaine deux films de la rétrospective Kubrik à la cinémathèque, un concert d’un vieux jazz man américain, faire un tour à la fondation cartier pour voir l’expo du moment puis enchainer sur celle de beaubourg, voir une conférence sur le développement personnel et rentrer chez soi que pour dormir rend effectivement booké et speeeeed.

    Je crois qu’il ne faut pas opposer une ville à une autre et ne pas stigmatiser les comportements, mais plutôt essayer de les comprendre. Vivre quelque part c’est profiter de ce que le lieu nous offre. Touts les régions ont quelque chose à apporter, il faut juste savoir le voir et adapter son comportement pour le sublimer !

    Merci encore pour ce post !
    Lionel

  • FatOzBoy said:

    Ho mon dieu tellement vrai ! Jai bosse en agence de webmarketing et tout est dans larticle…

  • Garance said:

    Très bon article, je trouve! On reconnait bien là le parisien de maintenant, quant au parisien d’autrefois, c’est une autre histoire !

    Amicalement

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