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Changer notre rapport à l’argent ?

31 décembre 2010 5 826 views 12 Comments

Réussir votre vie sous l’angle de l’épanouissement et de la conquête de vos rêves. C’est un sujet qui semble généralement en confrontation directe avec deux des préoccupations majeures de l’ère moderne : l’argent et le travail. En témoignent bien entendu le bon sens, mais aussi la multitude de conversations que j’ai pu entretenir à ce sujet. Mettons pour l’instant de coté l’idée (très vraie) qui veut que le coût de vos idéal soit souvent surévalué et intéressons nous de manière plus générale à une questions simple : « Que penser de la poursuite de nos rêves lorsque nos revenus sont à peine suffisant pour assurer nos besoins primaires ? »

C’est LA situation sur laquelle la plupart des pessimistes ou autoproclamés réalistes me sautent généralement à la gorge. Elle est généralement utilisée pour justifier un travail qui ne vous passionne pas, ou une vie dont on se plaint sans pour autant tenter de la changer. En pourtant, les deux situations que je viens de décrire n’ont fondamentalement rien à voir avec la poursuite de vos rêves.

Argent

Selon moi, l’argent n’est qu’une interface, jamais une fatalité. La question fondamentale ne doit ainsi pas être « comment vivre mes rêves alors que mes revenus ne me le permettent pas » mais simplement « comment vivre mes rêves ? ».

De quelle manière peut-on alors concevoir notre rapport à l’argent et son lien avec nos rêves et nos passions ?

Tout lâcher, cultiver vos rêves et les amener à générer des revenus

C’est l’idée généralement admise qui hante l’esprit de nombreuses rencontres que j’ai faites sur le net. Tout larguer pour consacrer l’ensemble de votre temps, de vos revenus et de votre énergie à cultiver vos passions dans une direction par laquelle vous êtes en droit d’espérer un retour sur investissement à moyen terme. A ce titre, j’aurais des milliers d’exemples à citer (musiciens, cuisiniers, guides de montagne, sportifs, créateurs d’entreprises, etc.), mais contentons nous d’une seul.

J’ai rencontré en 2005 cette jeune femme d’environ 25 ans passionnée de mode, nous partagions à vrai dire un bureau chez mon employeur actuel. Elle ne semblait pas s’épanouir pleinement dans ce travail qui ne correspondait pas à ces aspirations et valeurs, et décida un an plus tard de partir à Miami monter un commerce de vente au détail de prêt à porter féminin. Elle a objectivement connu des tonnes de difficultés depuis, n’a pas le salaire auquel elle pouvait prétendre dans son ancien emploi, mais peu lui importe, elle vit son rêve et ne le rendrait pour rien au monde.

Cette solution reste néanmoins risquée, d’autant si votre capital de départ est quasi nul. Lorsque vous choisissez cette voie, vous êtes intimement dépendant du temps que mettra votre passion à rapporter quelque chose de concret. Certains tombent rapidement dans l’anxiété et la peur pour arriver à l’opposé du résultat recherché initialement. A moins de n’être entièrement confiant, mieux vaut garder un parachute sur le dos lorsque l’on saute d’un avion à 4000 mètres d’altitude (belle expérience soit dit en passant). Ce qui nous amène à la deuxième solution.

Construire progressivement votre vie idéale

Commençons par une courte histoire. Vous connaissez tous Nicolas Hulot, et pour cause : sa passion (bien qu’ayant évolué du sens de l’aventure vers l’environnement) reste commune à une multitude de personnes. Qui peut se targuer de n’avoir jamais rêvé une fois d’être payé pour aller filmer les endroits les plus beaux du monde après tout ? Hors Nicolas n’a pas toujours été le reporter que l’on connaît, il aura tour à tour été plagiste, moniteur de voile avant de commencer à s’orienter vers ce qu’il était vraiment en devenant photoreporter. Il lui faudra alors 14 ans pour gravir les échelons et gardant un cap vers ce qu’il aime. 14 ans durant lesquels il aura donné corps et âme pour percer à la radio, à la télévision. Bien qu’il ne soit pas reconnu pour être le plus grand communicant qui soit, son choix (peut être inconscient) de vivre selon ses rêves l’a probablement guidé vers ce qu’il est aujourd’hui. Il n’a cependant jamais choisi de tout plaquer pour en arriver ou il est aujourd’hui. Il a inconsciemment fait croître la part de passion qu’il projetait dans ses activités tout au long de sa carrière, mais n’a jamais cessé de gagner sa vie.

Il existe deux moyens simples de faire croître votre passion depuis votre cadre actuel, j’ai tendance à penser que l’idéal consiste à mixer les deux :

  • Rapprocher votre job actuel de votre passion et le rendre plus agréable à vivre au quotidien (passer de la corvée rémunératrice au plaisir). C’est à ce thème que nous nous consacrerons cette semaine
  • Faire croître progressivement les revenus associés à vos rêves afin de diversifier au maximum vos sources (tirer profit de ce que vous aimez). Nous regarderons ce thème de plus près la semaine prochaine.

L’impératif est de réussir à éliminer toutes les préoccupations primaires (faim, sécurité, etc.) qui se mettent entre vous et vos rêves et de pouvoir consacrer l’ensemble du temps qu’il vous reste à vivre une vie rêvée. Si par chance votre passion se met à vous rapporter de l’argent, vous serez entièrement gagnants et pourrez lâcher du lest sur les sources de revenus qui vous plaisent le moins. Tout devient ensuite une question d’équilibre entre vos activités, l’important étant que la notion d’argent comme besoin primaire passe au second plan.

Ju

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12 Commentaires »

  • Tweets that mention WorldEmotions] Changer notre rapport à l’argent ? via -- Topsy.com said:

    [...] This post was mentioned on Twitter by Dev Perso, WorldEmotions. WorldEmotions said: Changer notre rapport à l’argent ?: Réussir votre vie sous l’angle de l’épanouissement et de la conquête de v… http://bit.ly/fGHRK2 [...]

  • Pascal said:

    Hmm merci Julien pour cette réflexion.
    Je suis tout à fait d’accord sur le fait que l’argent n’est souvent qu’un moyen, pas une fin, d’atteindre ses rêves.
    Du coup, j’aime bien le conseil de rapprocher son travail de ses passions.
    Souvent, lorsqu’on demande aux gens ce qu’est leur objectif, ils disent « plus d’argent », mais on se rend compte que ce n’est jamais pour les mêmes raisons. Certains ont l’impression que l’argent les rendra plus libres, d’autres plus confiants, pour d’autres l’argent leur permettra de séduire, d’autres encore pensent que gagner de l’argent sera une vengeance sur leur enfance démunie…
    En fait, ce qu’ils souhaitent vraiment, c’est atteindre cet émotion positive, et l’argent ne serait donc qu’un moyen d’y parvenir…
    Peut-être alors peuvent-ils essayer d’atteindre cette émotion d’un autre moyen que par l’argent… ?

  • Nomoto said:

    Merci pour l’article :)
    Rendre le job plus agréable, c’est toujours possible. Mais un banquier qui rêve de devenir chef cuistot (par exemple) devra renoncer complètement à son job, même s’il ne lui est pas désagréable. Parfois, la rupture brutale est inévitable.

  • admin (author) said:

    Hello à tous les deux, et merci pour vos commentaires. Même dans le cas que tu cites Nomoto, j’ai le sentiment que la rupture peut se faire da manière transitoire. Je prend des cours de cuisine en parallèle de mon travail, je commence à cuisiner en tant qu’assistant ou apprenti le week end ou le soir, afin de m’assurer que le jour ou je quitte mon job, je peux redémarrer rapidement!

  • Etienne said:

    Merci Julien pour cet article, j’avais besoin de lire ceci, surtout la 2ème partie.

    Je pense que je suis pour la construction progressive de l’activité, il y a toujours moyen de poursuivre sa carrière tout en montant petit à petit son activité qui se rapproche de sa passion.

    Comme tu dis, je préfère avoir un parachute jusqu’au jour où j’y verrai plus clair.

  • Sophie | Esprit de Succès said:

    Ah, l’argent… le nerf de la guerre ! Et pourtant, comme le dit Pascal, ce n’est qu’un moyen. C’est même souvent, l’arbre qui cache la forêt, en ce sens que, pendant qu’on cherche l’argent, on peut passer à côté d’opportunités gratuites qui nous donneraient le même résultat que l’argent qu’on cherche tant…
    Si l’argent était la solution à tous les problèmes, pourquoi les gens riches auraient besoin de gardes du corps, de villas hyper sécurisées, pourquoi divorceraient-ils, pourquoi auraient-ils des accidents, etc, etc ?…
    Je veux croire, comme toi Julien, que l’on peut apprendre à apprécier le travail que l’on fait (c’est déjà bien d’en avoir un, de toutes façons). Et que c’est même comme ça, grâce à cet état d’esprit positif, que l’on va découvrir des moyens de faire grandir ce qui nous passionne… jusqu’à ce que cela nous nourrisse au sens propre comme au sens figuré. :)

  • catou said:

    moi sans rire je commence demain;je viens en effet de quitter l’éducation nationale avec une amputation de 40 pour cent de mes revenus et ce dés ce mois de janvier 2011;je ne vais vivre que pour ma passion,celle qui me porte depuis l’âge de 15 ans et que j’ai conciliée tant d’années avec un boulot que j’ai adoré mais qui ne me convient plus depuis 2 ans (je ne supporte plus ce qu’est devenu l’école entre statistiques et rendement,oublieuse du bonheur et de la grandeur de l’enfance).
    Cet article coïncide à point nommé avec mon pari de vivre mieux avec moins.
    Je n’avais rien prévu,n’ai pas un sou d’avance mais pas de dettes non plus et je me lance;de toutes façons je ne peux pas revenir sur ma décision,prise le temps d’une récréation fin juin et mûrie ces 6 derniers mois;j’ai l’impression de rajeunir,d’avoir 20 ans,de devoir compter l’argent comme à cet âge là mais aussi de redémarrer une vie faite de possibles.Je vous raconterai si mon pari tient la route.

  • existant said:

    Je trouve tous les conseils de ce genre très pertinents.
    Mais voilà, il faut déjà avoir une passion.

    Comment fait-on lorsqu’on n’aime pas son travail mais qu’on a pas de passion à l’extérieur ?

    Et d’ailleurs, comme est-il possible de ne pas avoir de passions du tout ?

    Et ce même si on est curieux et qu’on s’intéresse quand même à des petites choses, mais seulement un peu et pas passionnément.

    Est-ce parce qu’on est vide, creux, sans intérêt ?

    Je me pose encore la question depuis toutes ces années.

  • admin (author) said:

    @existant : Je pense que nous avons tous des sujet susceptibles de devenir nos passions, au fond de nous. Cependant, beaucoup ne cherchent pas à les trouver par eux mêmes, ou n’y mettent pas suffisamment d’efforts. Je comprend bien cette attitude, à quoi bon faire des efforts pour trouver quelque chose qui n’existe peut être pas ? Pourtant, vous pouvez me croire, nous avons tous cela au fond de nous. Certains y accèdent plus facilement que d’autres, peut être par chance. Mais nous avons tous la capacité d’avoir des passions, des choses qui nous font allez de l’avant contre vents et marées. Personne n’est vide ou creux. Nous manquons simplement de méthode pour aller chercher ce que nous avons au fond de nous.

    Votre témoignage m’a inspiré. Je vais écrire un article un peu plus poussé sur le sujet qui sera publié dans le courant du mois de janvier! Restez connecté!

  • Caro said:

    Bonjour à tous, Bonjour Julien,

    Jules Renard disait :  » Si, au lieu de gagner beaucoup d’argent pour vivre, nous tâchions de vivre avec peu d’argent ?  » et je suis d’accord avec cela. L’argent crée tant de discordes (y compris dans les familles).
    Le monde a beaucoup changé ces dernières années. Je ne suis pas sûre que les gens ayant beaucoup d’argent soit plus heureux que nous autres car nos valeurs sont réelles. Nous savons ce que nous valons, pour quelles raisons nos ami(e)s nous apprécient.

    Pour ce qui est de vivre de sa passion, je suis pour cumuler dans un premier temps les deux et de lâcher celui qui nous déplaît le plus par la suite. C’est comme changer de voie professionnelle. Il m’est arriver de chercher un autre emploi en même temps que le travail que j’occupais à l’époque, ainsi, j’ai pû gagner ma vie pour mes besoins primaires tout en aspirant à un autre avenir. Celui qui me correspondait le plus.

    Existant, je suis sûre qu’au fond de vous, il y a une petite passion qui est cachée. Peut-etre que vos ami(e)s, vos proches un jour vous ont dit :
    ~ Que votre jardin était bien entretenu (passion pour les fleurs)
    ~ Que votre dessert était succulent (pâtisserie) …
    Ecouter autour de vous ce qu’y se dit et peut-être que finalement cette passion vous l’aviez toujours eu sans vous en rendre compte.

    Julien, j’aspire comme vous, à une formation en développement personnel. Issue de la filière psychologique, j’adore cette voie.

    A très bientôt

  • JPi said:

    Bonjour,
    j’ai peur que ce genre de réflexion sur les rapports complexes avec l’argent n’entraîne certains dans un abîme dont ils ne reviendront pas.
    Le développement personnel, la psychologie, vivre de sa passion, changer d’emploi, etc. On rêve ! rêve de gens qui n’ont guère de soucis financiers et qui n’ont certainement pas envie de rejoindre les 8 millions de personnes qui vivent en France sous le seuil de pauvreté.
    Quoiqu’il en soit, la pauvreté n’exclue pas la passion, mais cette dernière devra alors s’adapter à son budget.

  • Greg said:

    Comme toujours, j’aime suivre ce blog qui apparaît comme une bouée pour beaucoup de lecteurs. Bonne continuation :)

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